C'est qui ?-Éric Franceschi
Il n’a été ni en Irak ni en Afghanistan. Sa seule guerre à lui, c’est celle des crottes de chien qu’il a photographiées sur le chemin de la crèche, et sa seule victime, Bébert le pigeon, suivi d’un bout à l’autre, de sa vie (courte) à sa mort (longue), et même au-delà, car il y a un au-delà pour les pigeons. Vous ne le saviez pas ? C’est pourquoi Eric F. est à la fois indispensable, nécessaire, superflu et pas suffisant avec ça. D’autres descendent le Rio Grande, lui remonte l’Huveaune, c’est un héros des temps modernes. Sa moto ne démarre pas, son Hasselblad se bloque car il ne veut pas de Franck Lebœuf dans la boîte, et avec ça, Libé qui ne répond pas. Homme du Sud, il aime suer dans les pays chauds (Canada, Finlande), manger des pommes, et voir des chiens qui se trombinent, car il sait que l’amour sourit aussi aux animaux, et inversement. Sa vie est faite d’exploits retentissants : n’écoutant que son courage, il a photographié les gens qui passaient devant sa fenêtre, ramassé par terre des négatifs inconnus, joué à la poupée… Et il court maintenant derrière un lièvre dans les quartiers Nord du globe. Si jamais vous l’apercevez, essayez de le rattraper et de lui mettre du sel sur la queue, c’est facile : chez lui, elle brille de mille feux.
MICHEL HENRY.
